Choisir ses objets avec Conscience

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J’ai visionné une vidéo sur YouTube sur les 16 petits objets qui élèvent le quotidien et je vous cite un passage qui m’a beaucoup plu. La journaliste était en train de montrer son stylo plume et son petit carnet en cuir :

Il fait partie intégrante de cet attachement que j’ai à l’écrit : les mots, le papier. Je trouve qu’avoir un accessoire d’écriture et un carnet dans son sac élève vraiment, non seulement le style que l’on a, parce que ce sont deux accessoires que l’on ne trouve pas chez tout le monde, d’autant plus quand ils sont bien choisis, en cuir, joliment réalisés, mais aussi la signature d’une philosophie que je trouve intéressante, et que j’aime beaucoup.
Je trouve que, dans les accessoires du quotidien, il y a un message que l’on transmet. Les choix que l’on fait, même si c’est un stylo, une paire de chaussures ou un vernis à ongles, traduisent une forme de philosophie, un rapport au monde qui, moi, me parle beaucoup.
C’est vrai que j’ai tendance à choisir les choses et les objets qui m’entourent avec beaucoup d’attention, justement parce que j’y mets une démarche un peu intellectuelle, presque philosophique. Nous avons une énorme profusion de possibilités, d’accessoires, d’objets, et choisir en conscience, avec une idée, une vraie idée en tête, eh bien, ça me procure beaucoup de joie.
Ça me permet aussi de les conserver longtemps, de les chérir, de ne pas être dans une consommation frénétique. Parce que, quand on agit et que l’on choisit en conscience, eh bien, ça nous pousse à entrevoir ce que l’on possède avec plus de profondeur.

Choisir en conscience ne dépend plus forcément du budget dont on dispose. Avec des plateformes comme Vinted, Vestiaire Collective et tant d’autres, on peut accéder à des produits de luxe, neufs, pour une fraction de leur prix d’origine. Même ma médiathèque de quartier regorge de livres rares, disponibles gratuitement. L’accès matériel au beau s’est démocratisé.

Ce qui devient rare désormais, ce qui fait vraiment la différence, c’est le TEMPS. Le temps d’observer un objet, de le toucher, de le comparer avec d’autres options, de se demander pourquoi il nous plaît. Le temps de se renseigner pour VOIR ce que d’autres ne perçoivent pas. C’est cette attention qui forge le goût véritable. Idéalement, nous devons pouvoir choisir selon ce que notre coeur nous dit, et pas ce que nous dictent les algorithmes, les influenceurs, ou chatGPT.

Comme disait Oscar Wilde dans « Le portrait de Dorian Gray »:

Influencer une personne, c’est lui donner son âme. Elle ne pense plus ses propres pensées, elle ne brûle plus de ses propres passions. Ses vertus n’ont plus d’existence propre. Ses péchés, pour autant que le péché existe, sont empruntés. Elle devient l’écho de la musique d’un autre, elle joue un rôle qui n’a pas été écrit pour elle. Le but de la vie, c’est l’épanouissement de soi. Réaliser notre propre nature à la perfection, voilà notre raison de vivre en ce bas monde. Les gens, aujourd’hui, ont peur d’eux-mêmes. Ils ont oublié le plus important des devoirs, celui qu’on a envers soi-même.

J’ai vu récemment une vidéo YouTube dans laquelle un monsieur racontait avoir commandé un pyjama sur mesure chez un tailleur. Il a lancé un avertissement : « Attention, la discussion est très technique. » Et effectivement, il a dû donner au tailleur un brief extrêmement précis : type de col, manches, taille des boutons, tissu, grammage, finitions, couleur du fil… Si l’on n’a jamais touché une machine à coudre, si l’on n’a jamais appris le vocabulaire du vêtement, on ne sera même pas capable de commander un slip sur mesure. Dans le sur mesure (bespoke), c’est toujours le client qui limite son propre choix. Il ne sait pas ce qui est possible de faire, et il s’est aussi habitué à un certain standard de qualité médiocre. Par exemple, mon maroquinier s’est fait engueuler car un passant du bracelet de montre qu’il a fait pouvait bouger (c’est une fonctionnalité) alors que le client s’est habitué aux bracelets industriels, bas de gamme, avec deux passants fixes 😀

C’est là que réside le vrai luxe aujourd’hui : non pas dans l’argent qu’on dépense, la marque qu’on achète, mais dans le temps qu’on investit pour affiner son regard, pour savoir ce que l’on aime et pourquoi on l’aime. Ce regard-là ne s’achète pas. Il se cultive.

photo d’illustration : Plat avec anse en bois de Bérangère Céramiques : Passage Potin 77920 Samois-sur-Seine

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Anh est toujours très occupée à profiter de jolies choses, et à fabriquer de petites bricoles de ses propres mains. **** Hi, my name is Anh. I am a Vietnamese-French DIY passionate, beauty lover and cosmetic tester.

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