[avis] Le Portrait de Dorian Gray illustré par Benjamin Lacombe

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Cette édition du Portrait de Dorian Gray, illustrée par Benjamin Lacombe et publiée dans la collection Papillon Noir chez Gallimard, est tout simplement superbe. Le texte intégral inclut les passages originellement censurés, ceux qu’Oscar Wilde avait dû supprimer lors de la publication du livre, alors qu’ils étaient présents lors de la première parution dans le Lippincott’s Monthly Magazine. Ils sont ici réintégrés, traduits et signalés en gris, ce qui permet de suivre ce qui a été écarté à l’époque. C’est à la fois passionnant et très bien présenté.

Les illustrations de Benjamin Lacombe sont magnifiques. Certaines occupent des doubles pages, parfaitement placées au centre des cahiers et proches du passage qu’elles accompagnent, sans jamais trop en dévoiler (à une exception près, un indice un peu clair concernant Basil Hallward). On trouve aussi de petites illustrations en couleur sépia disséminées dans le texte, qui renforcent l’atmosphère du roman.

La fin de l’ouvrage réserve une très belle surprise : l’évolution du fameux portrait est représentée sur quatre feuillets transparents, façon papier calque, que l’on peut superposer et comparer. C’est visuellement très fort, et surtout très bien pensé.

Autre détail qui montre le soin apporté à cette édition : les cahiers sont cousus, ce qui permet d’ouvrir le livre à plat sans forcer, un vrai confort de lecture. La mise en page est également remarquable, digne d’un ouvrage pour bibliophiles : le texte est très lisible, aéré, avec de généreuses marges qui offrent de l’espace au regard.

Parmi les éléments marquants, on découvre une lettre d’Oscar Wilde à son ancien amant, illustrée comme une petite bande dessinée à trois moments du livre. Dorian Gray y est représenté sous les traits de ce jeune homme. Et il y a plein de petits détails cachés dans les images : des papillons, probablement une allusion au nom de la collection, et des fleurs dorées, comme un clin d’œil à la toute première édition reliée du roman. En plus des illustrations, l’édition contient des croquis en annexe.

On retrouve dans toutes ces illustrations la patte reconnaissable de Benjamin Lacombe : un univers légèrement fantastique, empreint de rêverie, avec des couleurs douces, qui dégagent une mélancolie élégante – comme un rêve dont on ne se réveille pas tout à fait.

Le seul point qui peut soulever une réserve concerne le choix du tissu pour recouvrir le dos du livre. Sur d’autres ouvrages illustrés par Benjamin Lacombe, les lettres dorées appliquées sur ce type de matériau ont tendance à s’effacer rapidement. Et comme le savent bien les bibliophiles, les dos en tissu résistent généralement mal à la lumière, en particulier au soleil, ce qui peut entraîner une décoloration au fil du temps.

C’est une édition soignée, élégante, qui respecte l’œuvre. Avec la collection Papillon Noir, Gallimard marque le retour des livres illustrés. J’ai hâte de découvrir d’autres livres de cette collection.

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Anh est toujours très occupée à profiter de jolies choses, et à fabriquer de petites bricoles de ses propres mains. **** Hi, my name is Anh. I am a Vietnamese-French DIY passionate, beauty lover and cosmetic tester.

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