Le Rêve dans le pavillon rouge en édition Pléiade

Je souhaitais aujourd’hui partager avec vous mon expérience de lecture de l’édition Pléiade du Rêve dans le pavillon rouge. Sachant que ces ouvrages ne sont pas toujours accessibles en consultation libre en librairie, j’ai pris quelques photos pour vous permettre de découvrir cette édition. J’ai la chance de pouvoir l’emprunter à ma médiathèque locale, mais pour ceux qui n’auraient pas cette possibilité, on trouve des exemplaires d’occasion sur Amazon ou à la Fnac.

Cette édition se présente en deux volumes totalisant près de 3000 pages, imprimées sur le papier bible caractéristique de la collection. J’ai été agréablement surpris de constater la présence d’illustrations en noir et blanc, un ajout appréciable qui enrichit la lecture.

Le Rêve dans le pavillon rouge constitue l’un des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise. L’œuvre se compose de 80 chapitres attribués à Cao Xueqin, complétés par 40 chapitres rédigés par Gao E. Le récit relate l’ascension et le déclin de quatre familles aristocratiques dans la Chine du XVIIIe siècle. Les lecteurs intéressés par le bouddhisme, le taoïsme, le confucianisme ou le Yi King y trouveront matière à réflexion.

Un travail de traduction remarquable

Ce roman représente l’un des défis majeurs de traduction parmi les classiques chinois, en raison de la profusion de personnages (plus de 400, dont une cinquantaine portant le nom de Jia) et de la richesse poétique du texte, truffé de jeux de mots subtils. La traduction de la Pléiade, fruit de 27 années de travail mené par Li Tche-houa et Jacqueline Alézaïs, révisée par André d’Hormon, témoigne d’un investissement considérable et d’une expertise reconnue.

C’est ma première acquisition d’une œuvre traduite dans cette collection. Contrairement aux éditions consacrées à Proust ou Voltaire que je possède, les annotations sont plus concises, l’absence d’esquisses s’expliquant par la nature du texte. Elles se concentrent principalement sur les comparaisons entre versions du texte original, l’élucidation des jeux de mots, les références historiques et culturelles, ainsi que la signification des noms de personnages.

J’ai noté que certains concepts fondamentaux ne font pas l’objet d’explications détaillées : le yin et le yang, la notion de face, la dépendance des familles vis-à-vis de protecteurs influents, ou encore la médecine traditionnelle chinoise. Ces éléments, généralement familiers aux lecteurs d’origine asiatique, peuvent dérouter un public occidental. Cette approche témoigne d’un respect pour un lectorat averti, tout en demeurant exigeante pour les néophytes de la culture chinoise.

Une introduction éclairante

L’introduction mérite une mention particulière. Véritablement enrichissante, elle s’appuie sur des recherches approfondies en rougeologie, offrant des clés de compréhension essentielles. La traduction littérale des noms de personnages, porteurs de sens cachés ou de jeux de mots, facilite considérablement leur identification dans ce récit foisonnant.

Un point soulevé dans l’introduction concerne les 30 chapitres perdus de Cao Xueqin, dont l’intrigue aurait différé de celle proposée par Gao E. Les traducteurs n’approfondissent toutefois pas vraiment cette distinction, ou celle-ci m’a échappé. Pour ceux qui souhaiteraient explorer cette question, je recommande vivement la thèse de Wang Yuhan, soutenue en 2021, qui offre une analyse approfondie de cette traduction.

Comme pour tous les ouvrages de la collection Pléiade, le format suscite des réactions contrastées : la police de caractères, le papier bible, les dimensions réduites, le prix. Personnellement, j’apprécie ces caractéristiques, mais je comprends qu’elles puissent constituer un obstacle pour certains lecteurs.

Je suis reconnaissant d’avoir attendu un certain âge pour aborder ce texte. Plus jeune, j’aurais sans doute manqué la profondeur de ses réflexions philosophiques et la subtilité de son architecture narrative.

Cette édition Pléiade constitue un précieux outil pour qui souhaite découvrir ce monument de la littérature chinoise dans des conditions optimales.

Anh est toujours très occupée à profiter de jolies choses, et à fabriquer de petites bricoles de ses propres mains. **** Hi, my name is Anh. I am a Vietnamese-French DIY passionate, beauty lover and cosmetic tester.

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